Vous marchez sur des oeuvres d’art…

La calçada portuguesa (chaussée portugaise) désigne les trottoirs revêtus de petits pavés blancs et noirs, représentant souvent de magnifiques mosaïques.

Le pavage des rues de Lisbonne fut instauré après le tremblement de terre de 1755 par le marquis de Pombal qui obtint carte blanche du roi pour la reconstruction de la ville. Il fallait faire vite et à moindre coût.

Les trottoirs et les places furent recouverts avec les éclats des décombres. Le pavage consista à assembler, sans enduit, de petites pierres de récupération en calcaire et en basalte, en formant des dessins noir et blanc.

La Baixa fut l’un des premiers quartiers de Lisbonne à avoir été pavé. Une petite histoire en noir et blanc… Raisons esthétiques? Pas seulement.

 

Lisbonne et ses trottoirs en noir et blanc

calçada portugaise

La couleur noire est censée rappeler l’habit religieux de Saint Vincent, saint patron de Lisbonne. Le blanc est quant à lui censé évoquer la couleur de la tenue des croisés qui ont aidé à libérer la ville de l’emprise Maures.

Légende ou vérité? Quelle que soit la réponse, la mode s’imposa au XIXè siècle, notamment après la réussite esthétique de la place du Rossio. Le procédé est ensuite adopté dans tout le pays. Des motifs souvent inspirés de l’histoire des découvertes (caravelles, rose des vents, blasons, motifs marins) ornent la chaussée portugaise et sont de véritables oeuvres d’art.

Ces jolis petits pavés présentent cependant l’inconvénient d’être glissants sous la pluie et éblouissants en plein soleil.

Une place qui ondule. La place Dom Pedro IV, communément appelée place du Rossio, a une spécificité. Les motifs des mosaïques recouvrant son sol s’étirent en mouvements ondulants. Si vous n’êtes pas sujet au mal de mer, regardez attentivement, vous y découvrirez des vagues.

 

Les calceteiros (les paveurs) sont de véritables artistes

les calceteiros réalisant les trottoirs de Lisbonne

calceteiros (paveurs)

Les motifs sont créés à partir de sortes de “patrons” sculptés dans le bois et disposés sur un lit de sable aplani. Les petites pierres, taillées manuellement aux dimensions requises, y sont ensuite assemblées pour former différents dessins. Les eaux de pluie s’y écoulent sans problème.

Mais Lisbonne s’inquiète car les artistes sont de moins en moins nombreux. Les calceteiros qui étaient environ 400 au début du XXè siècle, ne sont aujourd’hui plus qu’une vingtaine. Une profession qui ne séduit plus.

 

Trottoirs ou mosaïques ? Les deux à la fois. Un trottoir qui se respecte et pour lequel on se doit de s’essuyer les pieds. Visiter Lisbonne, c’est aussi regarder par terre.